Quand le patrimoine part en fumée…

Hier soir, à 18h50, un incendie a dévasté la cathédrale Notre-Dame de Paris. 850 années d’histoire ont été ravagées par les flammes. La charpente en bois qui datait en grande partie du 13ème siècle ainsi que la flèche de Viollet-le-Duc du 19ème siècle sont irrémédiablement perdues. Quant aux œuvres d’art de la cathédrale, toutes n’ont pas pu être sauvées.

Le drame est immense. Mais le pire a été évité, il n’y a pas eu de victime en cette période de forte affluence liée à la Semaine Sainte. Les tours de Notre Dame un temps atteintes par l’incendie et menacées d’un risque d’effondrementsont encore debout mais néanmoins fragilisées.

Le SNMH-CGT apporte tout son soutien aux agents des tours de Notre Dame 

et à tous les collègues du CMN affectés par cette tragédie !

L’incendie de trop ?

Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame patrimonial se produit. La cathédrale de Chartres en 1836, celle de Nantes en 1972, le Parlement de Bretagne à Rennes en 1994 mais aussi la BNF site de Richelieu en 2013 furent elles-mêmes la proie des flammes…

En 2009, le CMN avait lui-même déjà connu un incendie au logis royal du château d’Angers suite à un problème électrique.

Ce n’est donc pas étonnant si aujourd’hui les historiens de l’art, les architectes et les conservateurs ne cachent pas une certaine colère quant au manque de moyens alloués à l’entretien des monuments et quant aux normes de sécurité sur les chantiers patrimoniaux.

Cette nouvelle perte pour le patrimoine mondial de l’humanité qui suscite un retentissement national et international devrait servir d’électrochoc pour une prise de conscience en faveur d’une véritable politique publique de la préservation du patrimoine. Il faut pour la culture davantage de moyens humains et financiers.

Ce n’est pas avec des politiques rétrogrades telles que Action publique 2022 qui prévoit moins de moyens pour moins de service public et le projet de loi Transformation de la Fonction publique que cela ira mieux…

Alors qu’Aurélie Filippetti, ministre de la culture entre 2012 et 2014, parlait d’un ministère saigné à blanc, les présidents de la République François Hollande et Emmanuel Macron n’auront eu de cesse de le saigner davantage.

Nous ne connaissons pas encore les causes de l’incendie mais une chose est sûre : la baisse continue des moyens humains et budgétaires ne pourra avoir que des conséquences néfastes sur la sécurité des monuments, des agents et des visiteurs. À ce rythme-là, il est certain que d’autres drames se produiront.

Le temps des priorités et des contradictions

Aujourd’hui, de riches actionnaires sont venus voler au secours de la cathédrale à coups de centaines de millions d’euros (100 millions pour François Pinault, 200 millions pour Bernard Arnault …