SOUS-EFFECTIF : LA COUPE EST PLEINE ! - la CGT Culture

SOUS-EFFECTIF : LA COUPE EST PLEINE !

Le sous-effectif chronique a des effets dévastateurs sur les conditions de travail, sur la santé des agents, et enfin sur le service public des Archives nationales. A Pierrefitte-sur-Seine, la situation prend un cours extrêmement inquiétant, insupportable. Mais il ne faut pas en parler car officiellement tout va bien… Il est vrai que la Direction a le sous-effectif honteux, pourtant depuis « plusieurs semaines », des avis de « Restrictions des commandes et des réservations » sont régulièrement communiqués aux chercheurs.

Par exemple, l’avis de restriction en vigueur cette semaine (2 au 7 mai 2016) stipule :
« En raison de problèmes d’effectifs, les commandes et les réservations d’archives sont réduites de la manière suivante :

Pour les archives des séries F/13, F/15, F/21 en entier, F/42, F/44 et F/17 de 1 à 15842, AJ/13, AJ/15, AJ/52, ainsi que les archives des musées nationaux, les commandes et réservations sont arrêtées de 12 à 15h.

Les archives des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Outre-Mer ne sont pas consultables. »

Celui de la semaine du 25 au 28 avril 2016 prévoyait :
« En raison de problèmes d’effectifs, jusqu’à nouvel ordre, les commandes et réservations de documents conservés dans les magasins 615-616-617-618 et 1016 du DECAS sont arrêtées à 12h.

Pour le 6e étage, il s’agit des séries AJ gérées par le DECAS (AJ/13, AJ/15, AJ/52, etc.), des séries F/13, F/15, F/21 en entier, F/42, F/44 et de la série F/17 de 1 à 15482

Pour le 1016, il s’agit des AMN (Archives des musées nationaux).
Aucune augmentation de quota n’est déjà plus faite par le DECAS depuis plusieurs semaines. La consigne est renouvelée. »

Cet avis a été remis à jour le 28 avril 2016 :
« En raison de problèmes d’effectifs, les commandes et réservations de documents conservés dans l’ensemble des magasins du DJI seront interrompues du vendredi 29 avril à 17h au vendredi 6 mai inclus. Sont concernés les magasins suivants : 212, 213, 214, 216, 217, 218, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 401, 402, 403, 404, 405, 406, 407, 408, 409 »

A ces interruptions de la communication au DECAS et au DJI, il faut ajouter tous ceux qui, depuis 3 mois – et encore la semaine dernière-, touchent le guichet de liaison du DAPI : « Nous vous informons qu’exceptionnellement aujourd’hui, pour des raisons d’effectifs, le guichet de liaison sera fermé de 12h30 à 13h30. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée et comptons sur votre compréhension. »

Derrière toutes ces « restrictions », il y a une seule et même cause : le sous-effectif chronique, les postes vacants, le turn-over, l’inattractivité du site, la charge de travail qui augmente et qui met les organismes des femmes et des hommes à rude épreuve. En conséquence, nous assistons à une recrudescence des troubles musculo-squelettiques et des arrêts maladies qui, eux mêmes, entraînent une nouvelle dégradation des conditions de travail. C’est un cercle vicieux dont les agents n’ont pas à être les victimes.

Evidemment, cette situation ne concerne pas seulement les agents de la filière ASM (accueil surveillance magasinage), même si son expression est plus « visible ». Le sous-effectif et la surcharge de travail concernent tous les agents, qu’ils soient issus des filières scientifiques, administrative ou des métiers d’art. Aux dorsalgies, lombalgies et tendinites des uns, nous trouvons les burn-out, la démoralisation et la dépression pour les autres.

Depuis des mois, des années, nous alertons la Direction sur les conséquences graves pour la santé des agents engendrées par le sous-effectif chronique. Depuis des mois, nous affirmons que les chercheurs, étudiants, généalogistes ou simples citoyens, ont le droit à un service public de qualité. Pourtant rien ne change, la situation empire encore, toujours. Depuis des mois nous appelons la Direction et le ministère de la Culture à prendre leurs responsabilités en créant et pourvoyant tous les emplois nécessaires. En vain.

Devant ce désintérêt manifeste, face à cette indifférence crasse, nous ne resterons pas les bras croisés à regarder les collègues « tomber » de fatigue à nos côtés. Tous ensemble, imposons un plan d’urgence pour lutter contre le sous-effectif aux Archives nationales, pour protéger les agents et défendre le service public !

Paris, le 3 mai 2016
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