Monuments-Infos n°55 janvier 2010 - la CGT Culture

Monuments-Infos n°55 janvier 2010

2010 : les bonnes résolutions commencent par trois élections !


2010 doit être la transformation des revendications légitimes exprimées par les agents en cette fin d’année 2009.

La mobilisation fût forte, très forte même au ministère comme dans les monuments. Et les médias ont certainement davantage eu à dire en 2009 sur la casse du ministère de la Culture que sur son jubilé. D’ailleurs, tous les agents auront reçu d’ici à la fin de l’année un joli petit livret sur les 50 ans du ministère, anniversaire on ne peut plus austère bien loin de la convivialité de la célébration du quarantième anniversaire du MCC où Catherine Trautmann, ministre en 1999, n’avait pas eu peur de célébrer l’évènement non seulement sous ses fenêtres rue de Valois, mais aussi de se mélanger avec tous les agents du ministère ayant répondu à l’invitation d’un cocktail.

Non, décidément, ces temps sont révolus. Aujourd’hui, les agents sont en colère contre les orientations politiques qui ne visent qu’une chose : démanteler le ministère de la Culture. Archéologie préventive : délocalisation du siège à Reims. Monuments et musées nationaux : décentralisation. Effectifs : non remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Consigne donnée par le premier ministre au président du Centre Pompidou : « que l’établissement fasse mieux pour moins cher ». Les SDAP et DRAC, pas de projet, pas d’avenir. La liste pourrait se poursuivre mais quand un ancien ministre, Jean-Jacques Alliagon pour ne pas le nommer, s’interroge publiquement sur la nécessité de l’existence de ce ministère, tout est dit. Aujourd’hui, les ministres sont nommés non pas pour lancer des politiques et des perspectives dans leurs domaines de « compétences », non, ils sont là pour démanteler tous les acquis de ces dernières décennies : santé, éducation nationale, retraites, culture…

Mais les agents n’ont pas dit leurs derniers mots. Loin s’en faut et les médias les ont entendu. Et si de hauts responsables du ministère ont littéralement jeté dehors des représentants du personnel, ils n’auront pas pu ignorer jour après jour les musées et les monuments fermés et ont dû surseoir – certes momentanément – leurs décisions. La bataille, et encore moins la guerre, n’ont pas encore été gagné mais les politiques auront néanmoins dû demander un armistice.

Il se pourrait donc que d’ici quelques semaines, un mouvement reprenne de plus bel. Mais en attendant, la mobilisation reste de rigueur. Elle est simple et à la portée de tous : voter. Certains diront que c’est un devoir, à tout le moins un droit (qui s’use que si l’on ne s’en sert pas) : voter. Voter dans la plus pure tradition de la démocratie. Dès janvier, pour les représentants du personnel au conseil d’administration. Au mois d’avril, dans le cadre des élections professionnelles dites du référendum, et pour les contractuels (quand on aime, on ne compte pas) pour les commissions consultatives paritaires. Tout ceci vous concerne directement : orientations de l’établissement, organisation et conditions de travail, carrières.

A l’heure où certains ne pensent qu’à casser les services publics et les personnels qui y travaillent (il n’y a malheureusement qu’à voir les effets à France Télécom, au Pôle Emploi…), il est primordial que les personnels se fassent entendre. A l’heure où les personnels sont niés dans leurs missions, dans le sens même de leur travail, dans leur identité, rappelons ces mots de Jean Jaurès en 1889 et qui sont ô combien d’actualité « Tout progrès vient de la pensée, il faut d’abord donner aux travailleurs le temps et la force de penser ».

Alors en ce début d’année 2010, prenez le temps de voter car c’est peut-être le moment de vous interroger plus précisément sur vos conditions de travail, vos salaires, vos missions et emplois et de vous dire « Mon ministère, mes mission, mes droits, j’y tiens, je les défends, c’est pourquoi je vote ». Ou alors, pour parodier Pascal « Je pense donc je vote ».

2010, UN SEUL MOT D’ORDRE : VOTEZ ET FAITES VOTER

Sophie Méreau
Secrétaire générale du SNMH-CGT

Fichier(s) joint(s)