Gobelins n'est pas une marchandise - la CGT Culture

Gobelins n’est pas une marchandise

SEMM CGT

Syndicat CGT des établissements du Mobilier National et des Manufactures Nationales de tapis et de tapisserie

42 avenue des Gobelins 75013 Paris

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GOBELINS N’EST PAS UNE MARCHANDISE .

En ce jour particulier, où pour la quatrième fois, nous battrons le pavé contre un projet de destruction du code du travail, synonyme de recul profond pour le salariat, nous profitons de cette tombée de métier pour rappeler notre vision de notre institution et du monde du travail.

Dans un contexte où un gouvernement en fin de mandat, cumule les échecs comme hier sur le projet de réforme de la constitution, nous luttons et ne lâcherons rien jusqu’au retrait de ce projet rétrograde inspiré du programme du Medef et qui ne résoudra en rien la question du chômage. Projet qui ne fera que précariser davantage les salariés dans une période où plus de 85 % des embauches se font en CDD…

Pour notre belle institution, en plein projet de service, nous tenons à réaffirmer nos revendications. Depuis plusieurs années nous avons subi des baisses de budget et d’effectifs importants, mettant en péril la bonne exécution des missions et les conditions de travail des agents. Dernière réforme en date celle des logements de fonction, et là encore quelle lâcheté du gouvernement actuel qui n’a pas retiré ce décret balancé par Sarkozy et son équipe, entre les deux tours de la présidentielle 2012 comme une peau de banane.

Oui nous avons besoin d’un budget en augmentation, des créations d’emplois statutaires pour renforcer des équipes malmenées, et réduire les actions de sous-traitance qui plombent notre maigre budget de fonctionnement. Mais attention, pas un budget sponsorisé par des entreprises du luxe ou de riches collectionneurs… Les Gobelins et autres productions ne sont pas à vendre. La mission de l’État n’est pas de vendre ses savoir faire et son patrimoine, celle de notre institution ne l’est pas non plus. Nous ne céderons pas le moindre millimètre sur cette question.

Oui nous avons besoin d’un établissement dynamique recentré sur ses missions centrales d’ameublement (incluant leur conservation et stockage), de restauration, de création, d’inspection, de transmission des savoir faire et de mise en valeur des collections.

Oui à d’ambitieux projets d’ameublement, en faisant confiance à de jeunes talents (de notre arrondissement par exemple…), et à une multitude de métiers et savoir faire présents au sein de notre établissement. Projets d’ameublement où pourrait se mêler création et patrimoine (et oui il ne faut pas oublier les ateliers de restauration qui regroupent un tiers des effectifs). Les ateliers ne doivent pas devenir des services de bichonnage au profit de l’ameublement des châteaux du centre des monuments nationaux et autres… La politique du non-interventionisme n’est pas adaptée à nos missions d’ameublement. Oui à de véritables campagnes d’entretiens sur les sites. Oui à des réserves dignes de ce nom sur le site Parisien pour être plus efficaces et réactifs aux demandes d’ameublement (nos réserves ne doivent pas devenir des lieux d’accueil pour la fashion week et autres manifestations à fric).

Oui la transmission des savoir faire est essentielle pour la pérennisation des ateliers et de métiers rares. Le projet de transformation de notre centre de formation ne doit pas être synonyme d’une normalisation avec à la clé une baisse du niveau de formation technique. Rappelons que notre centre de formation est perfectible, avec un recrutement sous contrat dès la première année (à la clé une rémunération de près de 1300 euros mensuel pendant toute la durée de la formation…), ainsi un statut dès le départ et l’obtention d’un CAP et BMA. Quatre années qui compteront plein pot dans le calcul des droits à retraite, ce qui n’est pas le cas de l’apprentissage…

Oui au rayonnement de nos métiers et collections au travers d’expositions audacieuses. Il faut sonner la fin de la partie d’expositions trop confidentielles, ce qui fut trop le cas par le passé. Oui à la baisse du tarif des expositions, afin que le plus grand nombre y ait accès. La démocratisation de l’accès à la culture est essentielle.

Nous sommes, et resteront largement mobilisés sur l’ensemble de ces questions.

Paris le 31 mars 2016.

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