Un conseil d’administration qui ne nous aura pas laissées de marbre - la CGT Culture

Un conseil d’administration qui ne nous aura pas laissées de marbre

Mardi 13 octobre avait lieu le conseil d’administration du Centre des monuments nationaux au château de Rambouillet.

Tous les ingrédients étaient réunis pour que l’on puisse se dire tel Candide « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Ainsi, le CA convoqué à 14h30 dans la magnifique salle des marbres était précédé en matinée d’une visite guidée du château et d’un repas – et l’on fait toute confiance au CMN pour penser qu’il fût succulent. La journée était ensoleillée et les jardins fleuris. Que demander de plus ?

Mais voilà, les agents du CMN – et plus particulièrement du siège – étaient d’humeur chagrine voir bougonne. Et bien évidemment leurs représentants CGT/CFDT également. Et pour cause : à l’ordre du jour était inscrit la prise à bail d’un deuxième site pour le siège à Porte des Lilas. Voici un nom qui porte aussi à la poésie. Sauf que voilà, on a beau vouloir vendre aux agents que cela se fait dans leurs intérêts, pour l’amélioration de leurs conditions de travail et l’amélioration de l’organisation du travail, ça ne passe pas. Pas du tout même. Et ce, toujours pour les mêmes raisons que l’on connaît depuis dix-huit mois. Toujours la même recette : un manque de transparence, de la pseudo-information aux intéressés et un passage en force. Quant aux courriers envoyés par la CGT et la CFDT, on n’y répond pas. Ou alors de manière parcimonieuse.

Et devant les différents administrateurs du conseil d’administration (sénateurs, représentants de Bercy, du ministère de la Culture, de la cour des comptes, de France domaine…), nous avons tout repris depuis le début : déclaration et lecture de tracts en séance. Le CMN a repris son habituelle ritournelle : toujours aussi partielle et partiale. Véritable dialogue de sourds face pourtant à des agents qui veulent se faire entendre, ne plus subir la violence quotidienne, les choix arbitraires, le mépris… Et c’est peut-être dans le déni des personnes, des agents et des missions pour lesquelles nombre d’entre nous sommes investis, que le fossé se creuse entre la « tête » du CMN et ses agents. Se plier aux insultes, aux dérèglementations des horaires, aux changements de missions, hier à la réorganisation, aujourd’hui à un deuxième siège et demain quoi encore ? Parce que sous certains prétextes légitimes (regroupement de service, manque de place, surplus d’effectifs…) d’autres fallacieux se greffent (vider l’orangerie de ses agents pour y installer un restaurant et pas une baraque à frites comme aura le bon goût de préciser Madame Lemesle, présidente du CMN, devant le sénateur du Nord !), percer les murs de l’hôtel de Sully sans même trop savoir si cela a une légitimité historique… Quel véritable coût aura ce projet ? Car si on nous présente d’ores et déjà un surcoût ne serait-ce que pour la Porte des Lilas, rien n’est dit pour le réaménagement de Sully, rien n’est dit non plus sur les allers-retours (déménagements-réaménagements) des services qui resteront à Sully mais qui occuperont provisoirement Saint-Germain l’Auxerois le temps des travaux… rien n’est dit, on ne le sait par ailleurs que par des phrases lancées (de manière calculée ou non ?). C’est en lisant un tract syndical que les services administratifs de la Conciergerie, Sainte-Chapelle et Notre-Dame ont appris leur déménagement Porte des Lilas ! Et on voudrait nous faire croire qu’il y a confusion quand on parle de souffrance ? Et que les agents ne comprennent rien à rien alors que c’est soi-disant dans leur intérêt ? Et c’est face à ce mur d’hypocrisie que nous avons quitté le conseil d’administration. Car si le CMN a si peu de considération pour ses agents, ce n’est certainement pas aux représentants desdits agents de tenir lieu de caution dans de telles instances. La messe était dite. Nous n’avions déjà que trop entendu le sermon. Il ne nous restait plus qu’à partir.

D’autres points étaient à l’ordre du jour : la décision modificative n°2 du budget 2009, l’examen de la subvention pour la nouvelle association du personnel (AP CMN), une remise gracieuse aux régisseurs.

Ces différents derniers points ont été approuvés. Pour information, la nouvelle association du personnel a eu pour 2009 une subvention de 34 000 euros. Pour rappel, Madame Lemesle avait eu la fâcheuse idée de supprimer purement et simplement la précédente association MCL (Monuments culture et loisirs) sans la moindre alternative. Il aura fallu toute la pugnacité de la CGT pour qu’une nouvelle association des personnels soit créée. Mais, alors qu’au mois de septembre, les adhérents ayant répondu à la convocation de l’assemblée générale ayant pour ordre du jour la dissolution de l’association, ceux-ci avaient voté que les actifs de MCL soient transférés dans leur totalilté à la nouvelle association AP CMN. La direction du CMN ne l’aura pas entendu de cette oreille. Sur près de 100 000 euros que possédaient MCL, la nouvelle association se voit « généreusement » subventionnée de 34 000 euros ! Autant dire que le CMN s’est sucré au passage sur les ce qui restait des actifs de MCL (près des 2/3). Le CMN est décidément trop bon ! Moralité de l’histoire : quoiqu’en disent certains jamais avares de sermons, l’intérêt du CMN passe toujours avant celui des agents…