Partenariat public – privé : un outil supplémentaire pour le démantèlement des services publics !

Le 28 mai 2008, la direction de l’Etablissement Public du Château de Versailles a décidé de mettre un terme au PPP signé il y a un peu plus d’un an par Christine Albanel, alors Présidente de l’établissement, avec la société Unilog (aujourd’hui Logica).

A en croire ses promoteurs, ce contrat de partenariat devait permettre d’améliorer et de développer la conception, le financement, la mise en place, l’exploitation et la maintenance d’un système d’information assurant la gestion des publics, la billetterie, les réservations et diverses prestations associées.

Après un dialogue avec le partenaire privé pour fixer les éléments du contrat, tout semblait être acquis lors de sa signature. Dans les faits, ce dialogue n’a été qu’une mascarade puisque la société est venue y vendre des produits qu’elle n’avait pas. Les études n’ont aussi pas été suffisamment poussées. La direction de l’époque (aujourd’hui à la tête du Ministère de la Culture: Christine Albanel et Christophe Tardieu) nous promettait une “révolution technologique!” afin de remplacer des équipements et systèmes jugés inefficaces.


Le Partenariat Public-Privé (PPP)


du Château de Versailles imposé par


Christine Albanel implose 15 mois après !!

Le 28 mai 2008, la direction de l’Etablissement Public du Château de Versailles a décidé de mettre un terme au PPP signé il y a un peu plus d’un an par Christine Albanel, alors Présidente de l’établissement, avec la société Unilog (aujourd’hui Logica).

A en croire ses promoteurs, ce contrat de partenariat devait permettre d’améliorer et de développer la conception, le financement, la mise en place, l’exploitation et la maintenance d’un système d’information assurant la gestion des publics, la billetterie, les réservations et diverses prestations associées.

Après un dialogue avec le partenaire privé pour fixer les éléments du contrat, tout semblait être acquis lors de sa signature. Dans les faits, ce dialogue n’a été qu’une mascarade puisque la société est venue y vendre des produits qu’elle n’avait pas. Les études n’ont aussi pas été suffisamment poussées. La direction de l’époque (aujourd’hui à la tête du Ministère de la Culture: Christine Albanel et Christophe Tardieu) nous promettait une “révolution technologique!” afin de remplacer des équipements et systèmes jugés inefficaces.

Le facteur de complexité a ses limites !!

Même si le coeur de métier de cette société sont les services informatiques, elle n’a pas su mettre en oeuvre le projet qu’elle avait vendu; des défaillances de tous ordres sont très rapidement apparues et de trop nombreuses n’ont jamais été résolues:

– un logiciel de billetterie instable, particulièrement lent et insatisfaisant, source de problèmes intenables comme le rallongement des files d’attentes, des cartes bleues refusées certains jours…

– réservations profondément retardées, professionnels du tourisme très mécontents, allant jusqu’à signer par centaines une petition adréssée à la direction de Versailles.

– standard téléphonique surtaxé défaillant, fermé le dimanche, diffusant de fausses informations ou ne retransmettant pas au bon interlocuteur,
– portail internet à peine “relooké”, ne proposant toujours pas d’acheter les billets en ligne,

– des écrans dynamiques jamais vus, des distributeurs de billets fantômes ……

Mais où est donc cette compétence du privé tant clamée lors des privatisations ?

En gros, c’est pire qu’avant !!

Ce fiasco, annoncé dès le début par les organisations syndicales du Château de Versailles, confirme que tout a été fait de travers, et uniquement par pur dogmatisme. Christine Albanel et Christophe Tardieu nous disaient « C’est possible, regardez comme ça va être beau, magnifique et moderne, ça va nous faciliter la vie ! ». Pendant un an, personnels et visiteurs ont subit l’inverse ! Sans compter l’installation d’un portique anti-reflux digne d’un parc d’attraction ! Preuve que tout a été fait dans un but purement commercial et politique afin de démontrer que le produit « Contrat de Partenariat » peut s’adapter à toutes les situations, Versailles devant être la vitrine des PPP …

Le 28 mai dernier, Jean Jacques Aillagon (Président de l’établissement) s’adressait aux personnels:

« La mise en oeuvre de ce partenariat a été marquée par de nombreuses défaillances de notre partenaire. Ces défaillances ont mis l’activité de l’établissement à rude épreuve et, surtout, compromis son bon fonctionnement, sa relation avec les publics, sa réputation et les conditions de travail de ses agents. C’est la raison pour laquelle j’ai résolu de rompre ce partenariat. Je tenais à vous en informer.

Il nous appartiendra, au cours des prochains jours, de tout faire pour rétablir, autant que possible, un fonctionnement aussi fluide et aussi efficace que possible de nos activités visées par le contrat de partenariat.

Je compte, une fois encore, sur votre énergie, sur votre compétence et sur votre soutien dans cette situation qui appelle la pleine solidarité de notre établissement. »

Non, veritablement, les Partenariats Public-Privé,


le recours au privé, les externalisations ne sont pas


des orientations viables pour le service public !


Partenariat public- privé : un outil supplémentaire pour le démantèlement des services publics !

Le gouvernement veut développer le recours au privé pour la gestion des équipements et des services publics. Une loi visant à promouvoir les contrats de partenariat est en cours de discussion au parlement.

On présente les collectivités publiques comme incapables de financer et de mener à bien des projets urgents ou complexes. Les PPP (partenariats public- privé) seraient la solution miracle.

Le gouvernement voudrait financer ainsi une bonne partie des investissements de l’Etat d’ici 2012.

Le président de la Cour des Comptes a lui-même dénoncé des « projets qui consistent à aller chercher des tiers financeurs et à bâtir des usines à gaz, en oubliant que celui qui emprunte pour le compte de l’Etat le fait à un coût plus élevé ».

Les exemples étrangers montrent également les multiples risques et dérives, endettement dissimulé, responsabilités diluées, comme les difficultés des collectivités en cas de défaillance…

Le flop des premières mises en œuvre

L’INSEP (Institut national du Sport et de l’Education Physique) ? Les enveloppes ont explosé, le secrétaire d’Etat chargé des Sports, en rejette la responsabilité sur « l’augmentation de l’indice de la construction…et le caractère novateur du partenariat public- privé » !

Le contrat de partenariat engagé par le conseil général du Loiret pour la construction d’un collège à Villemandeur est annulé par le tribunal administratif qui le considère inapproprié, l’opération n’ayant ni un caractère d’urgence ni de complexité…

Autre grand projet : le château de Versailles avait cru devoir faire appel à un contrat de partenariat pour la mise en place du système de réservation et de billetterie. La direction avait refusé l’accès des syndicats aux données financières au nom du secret des affaires !

Le 28 mai dernier, le président de l’établissement, dans une lettre au personnel les informe de l’échec de l’opération, du fait « de nombreuses défaillances » du partenaire, la société Unilog, devenue aujourd’hui Logica. La situation est tellement grave que le président appelle « au soutien » et à la « compétence du personnel » pour « rétablir, autant que possible, un fonctionnement aussi fluide et aussi efficace que possible » !

Au total, ces « expérimentations » ont conduit à des gâchis certains en termes de surcoût et de retard dans les réalisations.

Une politique synonyme de reculs pour la population :


L’UGFF dénonce au travers cette politique des PPP une privatisation accrue des services publics qui ne se traduit pas, en outre, par une plus grande efficacité prétendue du secteur privé mais par un coût réel accru pour les finances publiques et pour les citoyens.

A l’évidence, ce projet de loi est en parfaite cohérence avec l’ensemble de la RGPP qui vise à démanteler l’action publique.

Les services publics sont là pour répondre à des besoins essentiels des citoyens, à des droits. Ils doivent être financés pour l’essentiel par des fonds publics. La régie directe et les marchés publics doivent constituer les formes normales de gestion. A l’opposé des politiques libérales, ce qu’il faut aujourd’hui, c’est, pour le bien de tous, renforcer l’intervention et la maitrise publiques.

Nous devons exiger la transparence totale sur le contenu des contrats passés ou envisagées avec des prestataires ou « partenaires » privés. L’action doit se poursuivre pour permettre aux collectivités de pouvoir financer leurs investissements autrement avec, notamment, la consolidation d’un pôle financier public, nos propositions de création de fonds régionaux pour l’investissement et l’emploi et une véritable réforme fiscale permettant d’accroître les ressources publiques et une nouvelle répartition des richesses créées.