Grande victoire de l’unité, de la solidarité et de la dignité.

Grève au Centre Georges Pompidou
Grande victoire de l’unité, de la solidarité et de la dignité

Après 10 jours d’une grève placée sous le double signe de l’unité et de la solidarité, les personnels du Centre Pompidou réunis ce mardi 17 octobre en assemblée générale ont voté la reprise du travail.
Incontestablement, entre le début du conflit et cette décision de lever la grève, une petite révolution s’est produite dans ce grand établissement culturel. Par leur mobilisation sans faille et leur constante cohésion tout au long d’un mouvement forcément difficile, les
agents viennent d’écrire une page fondamentale de l’histoire sociale du Centre.

Les avancées obtenues par la lutte sont considérables…dès maintenant :

Effectifs

12 créations nettes d’emplois tout de suite + 8 transformations de vacations en CDI.

Le ministère prend l’engagement de réaliser, sous quinzaine, un bilan des besoins en emplois supplémentaires en vue d’un plan pluriannuel de recrutements pour :

 pallier le sous-effectif actuel,

 tendre à la résorption de la précarité (stabilisation des emplois de vacataires correspondant à des besoins permanents à temps complet).

Grille salariale

Les salariés des groupes 1A et 1B (les plus bas salaires) bénéficient de revalorisations indiciaires allant, selon les échelons, de 61 points à 12 points, soit des augmentations mensuelles en net allant de 43 à 219 euros.

Le salaire minimum au Centre Pompidou est ainsi porté à 1350 euros nets.

Les deux premiers échelons du groupe 2 enregistrent respectivement une revalorisation de 30 et 10 points d’indice, soit en net : 108 et 36 euros mensuels.

Le dispositif du “saut d’échelon” (avancement « accéléré » de carrière jusqu’ici réservé à une minorité d’emplois des groupes 2 et 3) est désormais ouvert potentiellement à la totalité de ces 2 groupes (de l’échelon 1 à 12). Cette mesure permettra de doubler chaque année le pourcentage (en passant de 2,5% à 5% de l’effectif du Centre) des agents pouvant bénéficier du “saut d’échelon”.

Un 13ème échelon (mesure de déplafonnement) est créé pour tous les groupes de la grille.
C’est un gain de 15 points pour la carrière des groupes 1A et 1B et de 10 points pour les autres groupes.

La direction du Centre et le ministère de la Culture s’engagent en outre à ouvrir des négociations sur la refonte de la grille salariale dès janvier. Cet engagement est assorti de la promesse budgétaire de mettre en oeuvre, au début 2008, les premières évolutions ainsi
négociées.

Voilà pour les mesures chiffrées qui traduisent de façon très explicite l’ampleur de la bataille menée par les personnels et l’âpreté des négociations.

Et après…Tous ensemble !

Il n’en reste pas moins que nous avons encore du pain sur la planche !
Dans l’unité des syndicats et des personnels, nous donnons rendez-vous très rapidement à la direction (dans 15 jours / délai imparti à l’Inspection générale de l’administration des affaires culturelles pour présenter les résultats de son « audit ») pour prendre connaissance du plan pluriannuel de créations d’emplois qu’elle aura élaboré en lien avec le ministère. Et que les choses soient claires : nous ne lâcherons rien sur les 50 (en sus des 12 d’ores et déjà engrangées) créations nettes d’emplois a minima nécessaires, d’après les personnels et leurs représentants, au bon fonctionnement du Centre, ainsi que sur la
limite à 3 ans du plan.

De même, nous allons encore devoir jouer une partie serrée pour obtenir des évolutions substantielles de la grille salariale pouvant bénéficier à l’ensemble des catégories d’emplois.

Par ce mouvement exemplaire qui porte haut leur attachement au service public, les personnels du Centre Pompidou ont mis un coup d’arrêt spectaculaire à la dégradation des conditions de travail et à la détérioration du climat social.

Les méthodes de “‘management” plus que contestables qui sévissaient ces derniers mois au Centre sont disqualifiées par la mobilisation et la solidarité. La direction du Centre va devoir à présent non seulement respecter toute la réglementation en vigueur en matière d’hygiène et de sécurité mais, de surcroît, conduire une politique de prévention des risques dans tous les domaines de la santé au travail et, plus particulièrement, en ce qui concerne la souffrance au travail.

Il y a fort à parier que la direction et notamment celles et ceux qui sont en charge de la politique des « ressources humaines » regarderont maintenant à deux fois avant de brandir un arsenal disciplinaire démesuré et parfaitement inique, et de fouler aux pieds la dignité
des agents.

Nous veillerons également à l’amélioration de toutes les conditions sociales d’emploi de nos collègues des entreprises sous-traitantes intervenant sur le Centre. Ce dossier social de plus en plus prégnant engage la responsabilité du Centre et de la tutelle et nous saurons le
leur rappeler en toutes occasions.

La victoire des personnels du Centre Pompidou est aussi une bouffée d’oxygène et d’espoir pour l’ensemble des services et des établissements du ministère de la culture. Elle retentit
comme un encouragement aux luttes à venir.

Les autorités politiques et administratives doivent prendre la mesure du mécontentement et des attentes qui s’expriment de toutes parts. Ils doivent compter sur la capacité de résistance et de proposition des personnels qui n’a d’égale que leur fidélité au ministère.

Paris, le 17 octobre 2006