CTPM du 21 mars 2006

Déclaration des organisations CGT, FO, FSU, SUD, UNSA du ministère de la Culture

CTPM du 21 mars 2006

CPE, face à l’obstination et aux provocations du gouvernement
et de Renaud Donnedieu de Vabres, nous ne nous rendrons pas au CTPM !

Les manifestations des 16 et 18 mars contre le CPE ont connu un formidable succès. Plus d’un million et demi de personnes ont défilé dans les rues de plus de 160 villes de France samedi dernier. Chaque jour qui passe, la mobilisation des lycéens, des étudiants, des parents d’élèves et des salariés s’amplifie. Ce grand mouvement unitaire, solidaire et intergénérationnel est très populaire : plus de deux tiers des Français se disent aujourd’hui opposés au CPE et à la précarisation de notre société.

Et pourtant, Dominique de Villepin et son gouvernement persistent et signent. Les créateurs du CPE s’obstinent, portant ainsi l’entière responsabilité d’une tension sociale grandissante. Si la majorité et le Premier ministre en tête ne veulent rien voir ni rien entendre, c’est qu’ils sont résolus à imposer coûte que coûte la déréglementation du travail et, au final, à briser les garanties collectives et le code du travail.

Dimanche soir, le ministre de la Culture a jugé utile d’ajouter sa voix à ce concert ultralibéral. N’en étant plus à une contradiction près, Renaud Donnedieu de Vabres a notamment déclaré au micro d’une radio nationale : “Nous sommes le gouvernement qui veut tendre la main aux jeunes”…”Nous voulons tout simplement que s’engage cette spirale vertueuse du dialogue, dans un esprit d’ouverture”, tout en affirmant que “ce n’est pas la rue qui fait la loi” ou encore que fixer un ultimatum au gouvernement “ce n’est pas républicain et ce n’est pas responsable”.

Toutes celles et tous ceux qui ont eu à connaître les méthodes du ministère de Renaud Donnedieu de Vabres et la grande qualité du dialogue social depuis son arrivée rue de Valois apprécieront. Recevoir des leçons de morale et de vertu républicaine de la part de ceux-là mêmes qui gouvernent à coups d’ordonnances, de 49-3, de cavaliers législatifs, et qui piétinent allégrement la démocratie sociale, cela pourrait prêter à rire, si notre pays ne traversait pas une crise profonde.

Aussi, n’en déplaise au ministre de la Culture et à ses amis, nos organisations syndicales s’engagent-elles à mettre tout en oeuvre pour obtenir le retrait du CPE. Ce contrat, associé au CNE, à l’apprentissage à 14 ans et au contrat Sénior, met l’ensemble du monde du travail à la merci de la précarité. Ces dispositions scélérates ne sont ni amendables ni négociables. C’est ce que nous allons dire et redire aux personnels de la Culture dans les jours qui viennent. Nous ne redirons jamais assez non plus que cette politique de dislocation du code du travail n’est pas différente de celle qui vise au démantèlement du statut général des fonctionnaires.

Nos organisations syndicales déploient des efforts considérables pour défendre le paritarisme et faire en sorte que des instances telles que le CTPM conservent sens et dignité. Mais ce mardi 21 mars, devant une situation exceptionnelle et face aux provocations du gouvernement relayées par Renaud Donnedieu de Vabres, nous avons décidé de ne pas nous rendre au CTPM. Il ne fait en effet aucun doute que, pour l’heure, nous serons plus utiles auprès des agents dans la construction et le développement du rapport de forces.

Paris, le 21 mars 2006


Veuillez trouver ci-dessous la déclaration des organisations syndicales de salariés et des organisations étudiantes et lycéennes réunies le 20 mars…

Après la formidable ampleur de la manifestation du samedi 18 mars qui a vu descendre dans la rue plus d’1,5 million de personnes pour obtenir le retrait du CPE et devant l’obstination du gouvernement, les organisations syndicales d’étudiants, de lycéens et de salariés appellent à amplifier la mobilisation.

Les organisations syndicales de salariés soutiennent la mobilisation du 23 mars initiée par les étudiants et lycéens et appellent à contribuer à sa réussite. L’ensemble des organisations syndicales appelle le 28 mars à une journée d’action interprofessionnelle avec arrêts de travail, grèves et manifestations.

Suite à l’appel solennel lancé dès samedi par l’ensemble des organisations syndicales, le gouvernement doit avoir la sagesse de sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mis : il doit retirer le CPE.
Ce retrait lèverait l’hypothèque à l’ouverture des négociations pour l’emploi et l’avenir des jeunes.

Les organisations syndicales : Unef, Cé, Unl, Fidl, Cfdt, Cfe-Cgc, Cftc, Cgt, Fo, Fsu, Solidaires, Unsa

Paris, le 20 mars 2006.

lien vers la déclaration unitaire du 20 Mars 2006 sur le site de la CGT