Action Syndicale août 2012 Spécial Pénibilité

EDITO
Pénibilité : soignons le travail

De l’évaluation des risques à la prévention p. 2

D’une politique de l’affichage… au licenciement ! p. 3

Pénibilité et retraite, quelles revendications pour la CGT ? p. 4


EDITO

Pénibilité : soignons le travail

« Si on ne s’attaque pas à la question de la qualité du travail, c’est bientôt la retraite à quarante ans qu’il faudra défendre ! »  (Y.Clot, professeur de psychologie du travail au CNAM)

La réforme des retraites de 2010 n’a pas permis de traiter la question de la pénibilité du travail malgré le constat alarmant de tous les spécialistes en santé au travail et notamment les médecins du travail, sur les inégalités liées à l’exposition à des pénibilités tout au long de sa carrière réduisant l’espérance de vie.

Selon l’enquête Santé et Itinéraire professionnel (SIP 2007) 24 % des personnes entre 50 et 59 ans qui ont été exposées à des pénibilités physiques se déclarent limitées dans leurs activités quotidiennes du fait d’un problème de santé contre 17 % des autres seniors. 

L’étude européenne sur les conditions de travail (Fondation de Dublin 2010) démontre que la perception du travail pénible est très forte dans notre pays. Menée en 2010 dans 34 pays de l’Union et impliquant 44.000 travailleurs, elle brosse un tableau contrasté des mutations du travail et de leur impact sur la qualité de vie au travail des Européens.
Que ce soit sur le port de charge lourde, les gestes répétitifs ou l’exposition à des risques chimiques, la France se classe entre la deuxième et quatrième place juste après la Grèce, la Hongrie et la Finlande.

Cette prise de conscience des travailleurs n’empêche pas les politiques de continuer une taylorisation du travail en augmentant les cadences, les contraintes d’objectifs irréalistes et le sous-effectif chronique.

Et quand bien même, l’explosion des maladies professionnelles dont 78,7% sont des affections péri-articulaires (COCT, bilan conditions de travail 2011) coûte très cher à notre société, l’État préfère soigner les individus que de transformer le travail et reconnaître que « ce n’est pas le travail qui rend malade, mais le mal-travail » (Bernard Thibault)

Il est temps de rappeler à Monsieur le président de la République ses propos tenus le 2 mai 2012 lors du débat télévisé face à Nicolas Sarkozy qui s’enorgueillissait d’avoir introduit pour la première fois en France le critère de la pénibilité.

« Ne confondez pas invalidité et pénibilité. »

Tout est dit mais tout reste à faire !

Il est donc urgent de reprendre les négociations sur la pénibilité du travail lors du chantier de la réforme des retraites comme s’y est engagé le président lors des conférences sociales.

Au travail !!!

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